En septembre 2018, Aurélien Barrau et Juliette Binoche publient dans Le Monde un appel signé par 200 scientifiques et artistes : « Face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. » Quelques mois plus tard, l’astrophysicien en tire un livre.

LE LIVRE EN BREF
- Le livre : « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité », d’Aurélien Barrau (Michel Lafon, 2019 ; édition revue et augmentée en 2020).
- Le sujet : l’effondrement du vivant et le dérèglement climatique, et pourquoi ils exigent de tout repenser.
- Pour qui : celles et ceux qui ont besoin d’un électrochoc, ou qui veulent comprendre pourquoi ce discours a tant marqué.
- Ce qu’on en garde : chacun, là où il est, peut agir par des « micro-résistances » du quotidien.
Un scientifique qui sort de son laboratoire
Aurélien Barrau est astrophysicien, spécialiste des trous noirs et de la cosmologie, et docteur en philosophie. Quelques jours après la tribune du Monde, il prend la parole au festival Climax, à Bordeaux. La vidéo de son intervention approche les 4 millions de vues sur Facebook.
Ce que dit le livre
Un constat
Le livre fait le point sur l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement du climat. La phrase d’accroche de l’édition augmentée donne le ton : « La vie, sur Terre, est en train de mourir. » Pour l’auteur, l’heure n’est plus aux prévisions : « Ce n’est plus une crainte, c’est un bilan ».
Plus qu’une transition, une révolution
Aurélien Barrau ne croit pas aux petits ajustements. Il appelle à revoir en profondeur nos valeurs, notre rapport au vivant et ce que nous appelons la réussite. Il défend un « activisme fractal », fait de « micro-résistances disséminées » : chacun, là où il est, peut refuser ce qui abîme le monde.
Son ton très alarmiste divise : certains y voient un électrochoc nécessaire, d’autres un discours qui décourage plus qu’il ne mobilise.
Et depuis ?
L’astrophysicien a poursuivi sa réflexion, notamment avec « Comment habiter le monde ? » (Bayard, 2025), où il questionne les fausses solutions technologiques et défend une décroissance vue comme une richesse.
Pourquoi on l’aime chez Okjö
Le ton est grave, parfois dur. Mais ce livre a le mérite de rappeler l’essentiel : ce qui est en jeu, c’est le vivant. Et l’idée de « micro-résistances » nous parle beaucoup. Refuser un emballage, garder un objet longtemps, choisir moins mais mieux : à notre échelle, ce sont des gestes qui comptent.
Pour prolonger, lisez « Tout peut changer » de Naomi Klein, qui pose la même urgence sous l’angle politique, et notre fiche sur les livres de Pablo Servigne.
Bonne lecture !
Sources