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Crèmes solaires : ce qu’il faut vraiment regarder avant d’acheter

Comment choisir une crème solaire ? Avant d’acheter, beaucoup de consommateurs regardent surtout le SPF ou quelques mentions rassurantes sur l’emballage. Pourtant, pour bien choisir, il faut surtout comprendre la différence entre UVA et UVB, le niveau réel de protection, et les avantages comme les limites des filtres minéraux et organiques.
Le problème, c’est que les informations les plus importantes ne sont pas toujours les plus visibles. Le grand public a appris à regarder les coups de soleil, donc surtout les UVB. Mais une bonne protection solaire ne sert pas seulement à éviter de rougir. Elle doit aussi aider à limiter les effets plus profonds et plus silencieux du soleil sur la peau, notamment le photovieillissement et une partie du risque de cancer cutané. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que les UVA comme les UVB participent aux dommages cutanés et qu’une protection efficace doit couvrir les deux.

Avant même de regarder les filtres ou le SPF, il faut aussi se méfier des mots imprimés sur les flacons. Nous y revenons dans notre article sur les mentions “baby”, “ocean protect” et “coral friendly”.

UVA et UVB : une différence essentielle

On résume souvent les UV à “ce qui brûle la peau”, mais il faut distinguer deux types de rayons.
Les UVB sont les rayons les plus directement associés aux coups de soleil. Ce sont eux que l’on redoute quand on rougit après une exposition ou quand la peau chauffe rapidement. Ils jouent aussi un rôle important dans les cancers cutanés. Les UVA, eux, pénètrent plus profondément dans la peau. Ils sont fortement impliqués dans le photovieillissement — rides, perte de fermeté, taches pigmentaires — et contribuent eux aussi aux cancers de la peau. C’est précisément pour cela qu’une crème solaire ne devrait jamais être choisie uniquement en fonction du risque de coup de soleil.
Autrement dit, si l’on ne regarde que la brûlure immédiate, on passe à côté d’une partie essentielle du sujet.

SPF 30, 50, 50+ : ce que signifie vraiment ce chiffre

Le SPF correspond d’abord à la protection contre les UVB. C’est donc un indicateur utile, mais incomplet. Il permet de comparer le niveau de protection contre les rayons qui provoquent surtout les coups de soleil, mais il ne dit pas à lui seul tout ce qu’il faudrait savoir sur une crème solaire.
La recommandation européenne sur les produits solaires rappelle que les catégories de protection ont été harmonisées pour éviter les promesses trompeuses. On parle ainsi de protection faible, moyenne, haute ou très haute, et les mentions comme “écran total” ou “100 % protection” sont interdites, car aucun produit solaire ne bloque la totalité des UV. Elle rappelle aussi qu’un SPF 15 absorbe environ 93 % des UVB, un SPF 30 environ 97 %, et un SPF 50 environ 98 %.
Cette différence peut sembler faible sur le papier, mais elle ne doit pas être minimisée. En situation réelle, les produits sont souvent appliqués en quantité insuffisante, mal répartis ou pas assez renouvelés. C’est aussi pour cela que le seul grand chiffre sur le flacon ne suffit jamais à juger la qualité d’un solaire.

Le vrai angle mort : la protection UVA

C’est probablement le point le moins bien compris par les consommateurs. En Europe, les crèmes solaires doivent offrir une protection UVA minimale pour pouvoir afficher le logo UVA entouré d’un cercle. Cette protection doit représenter au moins un tiers de la protection UVB affichée. C’est un garde-fou utile, mais cela ne signifie pas que toutes les crèmes se valent sur ce point.
Le problème, c’est que très peu de marques indiquent clairement au consommateur le niveau exact de protection UVA. On compare facilement un SPF 30 à un SPF 50, mais on compare beaucoup plus difficilement ce qui protège du photovieillissement et de certains dommages plus profonds. Or c’est un critère central. Une crème peut afficher un SPF élevé tout en restant peu lisible sur la qualité réelle de sa protection UVA. La plupart des marques ne communiquent pas clairement leur indice de protection UVA, et beaucoup semblent se contenter du minimum réglementaire -en tous les cas celles qui ont accepté de nous répondre sur ce point : pour un SPF 50, cela correspond à une protection UVA d’environ 17.
C’est donc l’un des premiers réflexes à acquérir : ne pas se contenter du SPF, et chercher autant que possible des informations sur la protection UVA quand la marque les rend accessibles.

Beaucoup de consommateurs s’aident aussi d’applications de scan, mais là encore il faut garder du recul : nous l’expliquons dans notre article sur les limites de Yuka pour choisir une crème solaire.

Filtres minéraux ou filtres organiques : que faut-il vraiment comprendre ?

Quand on cherche une crème solaire plus saine ou plus cohérente avec ses exigences écologiques, on tombe vite sur cette opposition : filtres minéraux d’un côté, filtres organiques de l’autre. En réalité, les choses sont un peu plus complexes. Les deux grandes familles de filtres n’ont ni la même origine, ni les mêmes propriétés, ni les mêmes limites.

Les filtres minéraux

Les filtres minéraux sont principalement le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc. Ils sont souvent perçus comme les plus naturels, ce qui explique qu’ils soient très recherchés par les consommateurs qui veulent éviter certaines molécules de synthèse. Ils ont aussi la réputation d’être mieux tolérés par les peaux sensibles. En revanche, ils laissent souvent un voile blanc, surtout quand les particules sont de plus grande taille. Et il faut rester attentif à un point important : certains filtres minéraux peuvent apparaître sous forme [nano] dans la liste INCI, ce qui mérite une vraie vigilance. En Europe, cette mention doit être indiquée sur l’emballage.

ATTENTION : Les filtres minéraux agissent comme un bouclier cutané, et sont efficaces dès l’application, mais il faut bien mélanger le produit avant de l’appliquer.

Les filtres organiques

Les filtres organiques, eux, sont des molécules de synthèse autorisées dans le cadre strict du règlement cosmétique européen. Leur grand avantage est souvent cosmétique : ils permettent des textures plus fluides, plus transparentes, plus agréables à porter au quotidien. Certaines formules sont aussi très performantes sur la protection UVA. Mais ils demandent un tri plus précis, car toutes les molécules ne se valent pas. Certaines font l’objet de controverses toxicologiques ou environnementales, et le niveau de vigilance dépend du filtre concerné. L’octocrylène, par exemple, continue de susciter des réserves : le SCCS évoque des signaux non conclusifs sur le plan endocrinien, tandis que l’Anses a proposé d’en restreindre fortement l’usage pour protéger l’environnement.

Autrement dit, il n’existe pas de réponse parfaitement simple. Les filtres minéraux répondent mieux à une recherche de naturalité, mais ils n’échappent pas à toutes les questions, notamment celle des [nano]. Les filtres organiques offrent souvent un meilleur confort d’utilisation, mais ils demandent de regarder la formule de plus près. Choisir une bonne crème solaire, ce n’est donc pas seulement choisir entre “minéral” et “chimique” : c’est comprendre les avantages et les limites de chaque famille.

ATTENTION : il faut laisser le temps aux filtres organiques de faire effet, et les appliquer 30 mn avant l’exposition.

Quel niveau de protection choisir ?

Le bon niveau de protection dépend bien sûr du contexte : phototype, durée d’exposition, intensité du soleil, baignade, altitude, mer ou montagne. Mais il faut éviter une erreur fréquente : croire qu’un indice élevé permettrait de s’exposer sans précaution. Aucun solaire n’offre une protection totale.
Le plus utile est donc de raisonner en deux temps. D’abord, choisir une protection suffisamment élevée pour son exposition et sa sensibilité cutanée. Ensuite, regarder si cette protection est lisible et équilibrée, en particulier du côté des UVA. Un SPF élevé reste rassurant, mais il ne devrait jamais masquer l’importance du reste.

Un mot sur l’usage réel

Ce n’est pas le cœur de cet article, mais il faut le rappeler brièvement : une crème solaire mal appliquée protège mal. Les recommandations de santé publique insistent sur une application généreuse et sur la nécessité d’en remettre régulièrement, notamment après baignade, transpiration ou essuyage.
Autrement dit, même une bonne formule n’a d’intérêt que si elle est utilisée correctement.

Pour les enfants, la meilleure protection reste d’abord de moins s’exposer

Pour les plus jeunes, le bon réflexe reste d’abord physique, pas cosmétique. Ombre, vêtements, chapeau, limitation de l’exposition aux heures les plus fortes : ces mesures restent la base. Les autorités sanitaires rappellent en particulier qu’il faut garder les bébés et jeunes enfants à l’écart du soleil direct autant que possible. La crème solaire vient en complément, pas à la place.
Là encore, le marketing peut brouiller les pistes. Une mention “kids” ne remplace ni la prudence, ni la lecture de la formule, ni les gestes de base.

Ce qu’il faut retenir

Choisir une crème solaire, ce n’est pas seulement choisir un SPF. C’est comprendre que les UVB sont surtout liés aux coups de soleil, que les UVA jouent un rôle majeur dans le photovieillissement et participent aussi au risque de cancer cutané, et que le niveau réel de protection UVA reste souvent l’information la moins lisible sur les emballages.
C’est aussi comprendre qu’il existe deux grandes familles de filtres, avec leurs avantages et leurs limites. Les filtres minéraux sont souvent les plus proches d’une attente de naturalité, mais ils imposent d’être attentif à la présence éventuelle de [nano]. Les filtres organiques offrent souvent un meilleur confort cosmétique, mais demandent un tri plus fin ingrédient par ingrédient.
En somme, la bonne crème solaire n’est pas celle qui affiche le discours le plus rassurant. C’est celle dont on comprend un minimum le niveau de protection, le type de filtres, et les limites.

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